La liberté d’expression, plus que jamais menacée en Egypte ?

L’imposition en masse de la peine de mort après un procès qui a été marqué par des irrégularités de procédure est une violation du droit international des droits de l’homme/ AFP

L’imposition en masse de la peine de mort après un procès qui a été marqué par des irrégularités de procédure est une violation du droit international des droits de l’homme/ AFP

La semaine dernière, Ahmed Ezzat, avocat et cofondateur de l’association pour la liberté d’opinion et d’expression, qui offre une aide juridictionnelle aux victimes, s’exprimait dans une tribune ‘vue de l’étranger’ dans Télérama, sous le titre «  La liberté d’expression est-elle plus menacée que jamais en   Egypte ? ». Propos recueillis par Samuel Forey, au Caire.

« Dans un pays repris en mai par les militaires, les procès se multiplient, notamment contre des journalistes. Depuis un  mois, une équipe d’Al Jazeera International comparaît devant une cour d’assises. Ces journalistes font face à des accusations de terrorisme, sous prétexte qu’ils auraient répandu de fausses nouvelles et qu’ils avaient du matériel non accrédité. Les seules preuves contre eux sont des caméras, des disques durs,  et le fait qu’ils aient eu des contacts dans le gouvernement et l’opposition. Que des correspondants étrangers soient ainsi accusés de collusion avec une entreprise terroriste, c’est une première en Egypte. Dans ce pays, l’état de la liberté d’expression n’a jamais été brillant. Certains disent que nous vivons un retour à l’époque de Mubarak… mais c’est pire que jamais ! 

Les atteintes à cette liberté fondamentale augmentent de jour en jour. Et tout le monde est visé : manifestants, journalistes, étudiants, artistes…Le tout sans qu’il n’existe aucune transparence sur le nombre de détenus ou sur les accusations qui les visent. Chaque jour, nous devons suivre cinq ou six audiences, car des gens se font arrêter lors de manifestations dans la rue ou dans les universités ; certains journalistes ont été détenus temporairement alors qu’ils couvraient des marches ou qu’ils prenaient simplement des photos. Pour faire connaître la situation, l’Association pour la liberté d’opinion et d’expression a programmé une conférence de presse, il y a un mois. Des policiers sont venus nous prévenir qu’ils assisteraient à la réunion et qu’ils prendraient les noms des participants. Depuis la création de notre association, en 2006, jamais nous n’avions eu droit à une visite de la police. La semaine dernière, l’un de nos avocats a été retenus par les autorités à la sortie d’un tribunal, après le procès d’un manifestant… »

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